Je crois à la résolution future de ces deux états
« Je crois à la résolution future de ces deux états,
en apparence si contradictoires,
que sont le rêve et la réalité,
en une sorte de réalité absolue,
de surréalité, si l’on peut ainsi dire. »

LA LETTRE STUDIOBAC
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« Je crois à la résolution future de ces deux états,
en apparence si contradictoires,
que sont le rêve et la réalité,
en une sorte de réalité absolue,
de surréalité, si l’on peut ainsi dire. »
Né dans le trauma de la Grande Guerre,
a ébranlé tous les repères.
Il cherche à libérer l’homme et le langage
des carcans rationnels et moraux.
Racines « dadaïques » et « freudiennes »,
électrochoc pour la raison.
Marx désire « transformer le monde »,
Rimbaud, « changer la vie ».
« Ces deux mots d’ordre, pour nous, n’en font qu’un »,
clamait Breton dans son Manifeste,
combinant révolution sociale marxienne
et quête poétique.
Fi des conventions.
Faire évoluer la société,
subversion radicale.
Il accouche de Nadja,
influencé par Freud et Dada.
« L’automatisme est le seul état où l’homme soit appelé à prononcer des paroles qui ne sont pas des paroles, mais la vérité. »
À jamais, la culture, ils ont marquée.
En conciliant engagement politique
et libération de l’imagination.
Ils se rapprochent du Parti communiste
avant de rompre avec le stalinisme,
puis de se tourner vers des positions libertaires anarchistes.
Révolte radicale, rejet des conventions, liberté !
Penser sans chaînes ni censure.
Écriture automatique,
« dictée de la pensée ».
Les cadavres exquis et sommeils hypnotiques :
penser sans la contrainte de la raison.
Marcel Duchamp,
« ready-mades »,
urinoir-fontaine.
Man Ray,
« rayogramme »,
« Violon d’Ingres ».
Ils vous invitent : expérimentons !
« La beauté sera convulsive ou ne sera pas. »
Éluard, poète engagé,
résistant avide de liberté,
dans Capitale de la douleur,
chante l’amour et la beauté :
« Il y a d’autres mondes, mais ils sont dans celui-ci. »
Sa poésie clandestine est un cri,
une arme contre l’injustice,
un encouragement à lutter contre les nazis.
Aragon, sans peur, défend ses idéaux politiques.
Il plonge dans les abysses de la psyché ;
armé de sa plume, il affirme :
« Nous n’avons d’autre patrie que le langage. »
Prose lyrique, images poétiques pour réenchanter.
Les peintres et écrivains collaborent,
vivent ensemble les expositions :
expériences immersives,
visions collectives,
politiquement engagées.
Salvador Dalí confie :
« Je ne peins pas ce que je vois,
je peins ce que je pense. »
Matérialisant hallucinations et fantasmes,
créant des paradoxes issus de l’inconscient,
déstabilisant la réalité.
En combinaison de plongée et scaphandre,
il offre une conférence :
« Rien n’est plus beau que ce qui n’est pas. »
Il est fasciné par les rhinocéros
et leurs cornes, aux courbes logarithmiques parfaites.
Il aime son fourmilier de compagnie,
les homards et les tiroirs.
Il se met en scène et dessine des logos :
Chupa Chups !
« Où le désir est, là est la vérité. »
Le désir est le moteur de la connaissance et de l’être.
Max Ernst, maître du collage et du frottage,
marqué par Jung,
ses romans-collages La Femme 100 têtes,
« sans tête », « s’entête » ou « sang tête »,
juxtaposent des images disparates,
dans une atmosphère étrange et énigmatique.
Le Belge Magritte ajoute au mouvement
une dimension conceptuelle et philosophique.
Son travail en usine de papier peint
a peuplé sa psyché de motifs répétitifs.
Il fusionne réel et irréel :
chapeaux melon, pipes, fenêtres.
Objets du quotidien, simples, banals,
dans des contextes incongrus.
« Ceci n’est pas une pipe. »
Provocation de réflexions,
subversion du langage,
critique de la représentation.
Allez, venez jouer !
Miró, le Catalan, s’exprime librement :
art des enfants.
« J’essaie d’appliquer les couleurs comme des mots qui façonnent des poèmes. »
Biomorphisme, poésie plastique, onirique,
formes colorées et organiques,
art des fous
poil aux genoux
flottant dans des espaces indéfinis.
Son compère Buñuel, ami de García Lorca,
réalise des films
explorant les rêves et l’irrationnel.
Il collabore avec Dalí dans Un chien andalou.
Œil qui hante !
Crevé.
Il est temps d’ouvrir le troisième :
celui de l’inconscient.
Entre rêve et réalité, l’art brise les frontières.
« En l’absence de tout contrôle exercé par la raison. »
« L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel. »
« Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit
d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur,
cessent d’être perçus contradictoirement. »