Un précurseur des Lumières ce soir va venir
Un précurseur des Lumières ce soir va venir.
Son crime : avoir caché le vrai dans le plaisir !
Tout a débuté par un pacte singulier ;
Écoutez maintenant les pièces du dossier.

LA LETTRE STUDIOBAC
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Un précurseur des Lumières ce soir va venir.
Son crime : avoir caché le vrai dans le plaisir !
Tout a débuté par un pacte singulier ;
Écoutez maintenant les pièces du dossier.
Le philosophe pose sa clause :
« Je lui fis du moins promettre pour mon honneur, qu'elle me garderait le secret. »
La marquise fait un pacte concret :
« Je croirai sur les étoiles tout ce que vous voudrez, pourvu que j'y trouve du plaisir. »
Il le résume en une simple doctrine :
« Il n'y a pas jusqu'aux vérités auxquelles l'agrément ne soit nécessaire. »
Elle raille Copernic ; il défend l'absent :
« Je lui sais bon gré d'avoir rabattu la vanité des hommes. »
Puis, pour la rassurer, il convoque un soutien :
« Faisons porter la terre par quatre éléphants, comme font les Indiens. »
Elle enchérit, joueuse, et parie sans détour :
« Je gage que si les Indiens savaient que la Terre fût le moins du monde en péril de se mouvoir, ils doubleraient les éléphants. »
Le philosophe, riant, tranche :
« Il ne faut point s'épargner les éléphants pour dormir en assurance. »
La marquise cache sa pique en plaisantant,
Car ces anxiolytiques éléphants
Portent un monde centré, rassurant,
Que les modernes jettent au néant.
Petit décentrement, dit anthropologique,
Qui va préparer le grand, le cosmologique.
On n'arrache jamais la croyance d'un cœur :
On rend son besoin vain, avec art et douceur.
Chacun, sans le savoir, empile ses éléphants
Et l'ironie le dit en généralisant :
Acceptez les appuis que la peur vous demande,
Puis retranchez-les tous quand la confiance est grande.
Pacte scellé : le plaisir montre le chemin.
Le plaisir : accordé !
Les éléphants : retranchés !
Les regards : décentrés !
Le vertige : transmuté !
La raison : couronnée !
Cependant, sachez qu’apprendre a un prix.
Cinquième soir, tout bascule sans bruit :
« Les étoiles fixes sont autant de Soleils. »
Puis vient le grand vertige, où la raison s'éveille :
« Voilà l'univers si grand que je m'y perds,
Je ne sais plus où je suis, je ne suis plus rien. »
Le sage ne console pas en faisant marche arrière ;
Il convertit la perte en un gain de lumière.
Chute et relèvement : Bachelard le dira,
La crise est le chemin que le savoir prendra.
Pacte tenu : le vertige a un goût de ciel.
L'élève est formée, place au procès solennel.
Deux pièces à charge, oui, écoutez-les bien :
Un rire public, puis un secret ancien.
Deux hommes rient, condamnent ce qui se transmet ;
Molière, avant ce soir, avait dressé la scène,
Raillant la femme instruite, en faisant sa rengaine.
La Préface, d'avance, avait su riposter :
« Encourager les Dames par l'exemple d'une femme. »
Contre la satire, un exemple est présenté.
Le plaisir : accordé !
Les éléphants : retranchés !
Les regards : décentrés !
Le vertige : transmuté !
La raison : couronnée !
Seconde pièce : secret est murmuré
Et à voix basse, un ordre est proféré :
« Contentons-nous d'être une petite troupe choisie qui les croyons,
Et ne divulguons pas nos mystères dans le peuple. »
Le texte les livre au beau milieu du peuple.
Puis vient l'aveu, jeté sans se cacher :
Les commodités passent avant la vérité
Et le verdict du texte est cynique, moqueur :
« … L'amour qu'ils avaient pour le merveilleux,
Très anciennes maladies des hommes. »
Ton algorithme nourrit ta crédulité.
Le sensationnel court plus vite que le fait.
L'accusation commence en concédant du vrai.
Un cri jaillit – d'un coup, le prétoire se tait :
« Trahir la vérité ! Vous n'avez point de conscience. »
La conscience au confort s'oppose et le déserte,
Derrière elle s'avancent les lanceurs d'alerte.
Ils paieront pour le vrai : la voie leur est ouverte.
Témoignage clos : place à la défense experte !
Les éléphants-témoins reviennent à la fin :
Au Soir un, ils portaient le monde des crédules,
Au Soir six, ils nous montrent leur marche sans bascule.
La science s'est trompée, et donc tout se vaudrait ?
Ce contresens, l'éléphant, d'un pas, le défait.
Le merveilleux, enfin, n'est pas détruit : il change !
Vers l'émerveillement, de raison, il se range.
Le plaisir : accordé !
Les éléphants : retranchés !
Les regards : décentrés !
Le vertige : transmuté !
La raison : couronnée !
Coupable ? Le tribunal se récuse.
Le verdict, retournant la question, fuse ;
Digne, il ne répond ni oui ni non.
La vérité se dose avec raison.
Et le verdict, personne ici ne le rendra ;
Il t'attend : c'est ta voix qui le prononcera.
Instruire sans plaire échoue, et n'atteint personne,
Plaire sans instruire trahit qui s'abandonne.
Regarde : trois grands siècles depuis ont passé,
Et la crédulité de camp a bien changé.
L'algorithme te plaît sans t'instruire : il t'accroche.
Le vrai procès, désormais, se tient dans ta poche.
Retiens, retiens ceci avant de partager :
Avance dans le vrai comme va l'éléphant,
Un pied bien affermi avant le pas suivant.
Le plaisir : accordé !
La raison : couronnée !
Le procès terminé,
Le verdict est scellé :
L'esprit critique : armé !
La science amusante est acquittée,
Son goût ancré
En toi...
En toi.
En toi !